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Le sang de mon vieux cur n'a fait qu'un jet
vermeil
Puis s'est évaporé sur les fleurs, au soleil.
L'ombre éteignit mes yeux, un cri vint à ma bouche
Et mon vieux cur est mort dans un frisson farouche.
Alors le chevalier Malheur s'est rapproché,
Il a mis pied à terre et sa main m'a touché.
Son doigt ganté de fer entra dans ma blessure
Tandis qu'il attestait sa loi d'une voix dure.
Et voici qu'au contact glacé du doigt de fer
Un cur me renaissait, tout un coeur pur et fier.
Et voici que, fervent d'une candeur divine,
Tout un cur jeune et bon battit dans ma poitrine.
Or, je restais tremblant, ivre, incrédule un peu,
Comme un homme qui voit des visions de Dieu.
Mais le bon chevalier, remonté a sur sa bête,
En s'éloignant me fit un signe de la tête
Et me cria (j'entends encore cette voix) :
« Au moins, prudence! Car c'est bon pour une fois . »
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