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Car
vraiment j'ai souffert beaucoup !
Débusqué, traqué comme un loup
Qui n'en peut plus d'errer en chasse
Du bon repos du sûr abri,
Et qui fait des bonds de cabri
Sous les coups de toute une race.
La Haine et l'Envie et l'Argent,
Bons limiers au flair diligent,
M'entourent, me serrent. Ça dure
Depuis des jours, depuis des mois,
Depuis des ans ! Dîner d'émois,
Souper d'effrois, pitance dure !
Mais, dans l'horreur du bois natal,
Voici le Lévrier fatal,
La Mort. - Ah ! la bête et la brute ! -
Plus qu'à moitié mort, moi, la Mort
Pose sur moi sa patte et mord
Ce cur, sans achever la lutte !
Et je reste sanglant, tirant
Mes Las saignants vers le torrent
Qui hurle à travers mon bois chaste.
Laissez-moi mourir au moins, vous,
Mes frères pour de bon, les Loups ! -
Que ma sur, la Femme, dévaste.
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