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LE SENTIMENT RELIGIEUX

Le Sacré-coeur crucifié par Maurice Denis

En réaction au réalisme et, plus profondément, au prosaïsme bourgeois, la plupart des symbolistes ont cherché, dans les mythes et les rites religieux, à satisfaire leur désir de transcendance. Certains, comme Verlaine et Huysmans, ont renoué, après de profondes crises spirituelles, avec l'église catholique. En peinture, au milieu du dix-neuvième siècle, l'inspiration religieuse, par exemple chez les impressionnistes, ne comptait presque plus. Au contraire, à la fin du siècle, les préoccupations mystiques sont dans l'air du temps. Maurice Denis est justement un de ces artistes dont l'inspiration venait essentiellement de thèmes religieux. Cette toile s'intitule Le Sacré-cœur crucifié. La crucifixion n'a pas ici le caractère dramatique qu'elle possède d'habitude. Au contraire, le deuil est exprimé sobrement, avec dignité, à l'aide particulièrement de couleurs sombres où domine le mauve, symbole de deuil.


Les anges de Sodome par Gustave Moreau

 

Cette œuvre de Gustave Moreau, Les Anges de Sodome, illustre une scène de la Bible, celle où la ville de Sodome, avilie par les mœurs homosexuelles de ses habitants, fut détruite par le feu. Les deux figures centrales de la toile sont les anges envoyés par Dieu pour détruire la cité maudite. Leurs silhouettes sont ramenées à des ombres, ce qui accentue leur allure inquiétante, d'autant plus que Sodome elle-même est plongée dans des teintes sombres et rugueuses. Ces procédés rendent bien l'implacable solennité de la vengeance divine.


Christ et Bouddha par Paul Ranson

 

L'art religieux, chez les symbolistes, ne s'inspire pas seulement des rites et des mythes chrétiennes. On observe par exemple, sous l'effet des opéras du compositeur romantique Richard Wagner, un intérêt considérable pour le paganisme des mythologies nordiques. D'autres artistes vont plutôt être touchés par les religions orientales. C'est notamment le cas d'Odilon Redon et de Paul Ranson dont nous voyons ici le Christ et Bouddha. Il faut d'ailleurs savoir que le syncrétisme, alliant des éléments chrétiens à des éléments issus d'autres religions, était fort à mode à la fin du dix-neuvième siècle, par exemple en France, avec l'ordre des Rose-Croix dont faisait partie le compositeur Erik Satie, ou en Russie, avec les théosophes, secte animée par Helena Blavatski qui eut une profonde influence sur la musique de Scriabine.


Les trésors de Satan par Jean Delville

 

Pour Rimbaud, l'expérience mystique la plus intense devait se faire contre la morale commune. C'est ce qu'on lit en filigrane de certains de ses poèmes comme Conte ou Génie et d'ailleurs, avec l'expérience de la voyance, Rimbaud voulait justement exploiter ce qu'il y avait de plus monstrueux en lui. Ce goût pour l'étrange et l'immoral, allié à la fascination pour des rites religieux insolites et au plaisir de provoquer, explique sans doute l'intérêt manifesté par certains symbolistes pour le satanisme. On retrouve en tout cas des marques de cet intérêt chez des artistes aussi divers que le catholique Huysmans, dont le roman Là-bas décrit parfois des scènes presque insoutenables, ou l'athée Félicien Rops. Dans Les Trésors de Satan de Jean Delville, Lucifer est montré majestueux au-dessus de corps sans doute magnifiques mais qui, entassés les uns sur les autres, font songer à un charnier.


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