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UN ART DE CORRESPONDANCES

 

Baudelaire, dans un article qu'il écrivit à propos de Wagner , affirmait qu'il «serait vraiment surprenant que le son ne pût pas suggérer la couleur, que les couleurs ne pussent pas donner l'idée d'une mélodie, et que le son et la couleur fussent impropres à traduire des idées.» De fait, l'intuition baudelairienne selon laquelle les sensations peuvent se relayer les unes les autres et que des idées naissent de perceptions sensorielles, cette intuition, donc, a sans cesse été reprise par les symbolistes. On la retrouve par exemple chez Rimbaud, dans sa Lettre du Voyant, là où il réclame une poésie qui parle directement aux sens . On la retrouve aussi chez le compositeur russe Scriabine qui avait imaginé un système de correspondances entre des notes et des couleurs où, entre autres, le Do ferait penser au rouge et le La au vert. Les Phares est l'un des poèmes où Baudelaire joue le plus explicitement sur les rapports entre les mots et les couleurs, chaque strophe évoquant ce que présente d'unique l'univers spirituel de chacun des créateurs énumérés.


Harmonie en bleu par Lucien Lévy-Dhurmer

Cette toile de Lucien Lévy-Dhurmer, intitulée Harmonie en bleu, a été inspirée au peintre par la sonate Clair de lune de Beethoven, sans doute surtout par le premier mouvement de la pièce, là où la musique se fait à la fois grave et poétique. Lévy-Dhurmer était fasciné par les rapports entre les sons et les couleurs, aussi a-t-il composé des œuvres où il transposait en peintures des musiques de Beethoven, de Fauré ou de Debussy.


Symphonie en blanc majeur par James Whistler

 

Dans cette toile intitulée Symphonie en blanc, le peintre américain Whistler a voulu accorder moins d'importance à la représentation de la jeune fille qu'à l'harmonie picturale. De fait, dans plusieurs de ses pièces, Whistler s'attache à créer des variations à partir d'une même couleur, variations comparables au cas d'une sonate dont la construction tourne tout entière autour d'une tonalité. Remarquons par ailleurs que, vers 1850, Théophile Gautier avait écrit un poème, Symphonie en blanc majeur, où le blanc et le froid étaient tout autant exprimés par le sens des mots que pas les sonorités inlassablement reprises en [a] et [an]. Ces poèmes dans lesquels une idée, une impression ou une émotion est exprimée par un jeu de sonorités ont été particulièrement nombreux sous la plume de symbolistes comme Verlaine, Mallarmé ou Stuart Merrill.


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