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LES ANGOISSES DU MOI

Autoportrait au miroir par Léon Spilliaert

Comme les romantiques, les symbolistes ont placé le Moi au centre de leurs préoccupations mais, plus encore que chez leurs devanciers, le Moi des symbolistes est inquiet, souvent tourmenté par l'angoisse du vide, de la névrose ou de la mort. C'est justement la terreur provoqué par son propre visage qu'illustre cet Autoportrait au miroir de l'artiste belge Léon Spilliaert : l'œil vitreux au centre de la toile, le visage en décomposition, l'horloge qui - comme chez Baudelaire - rappelle la menace du Temps, la perspective en contre-plongée, tout dans cette œuvre aux teintes sombres est fait pour accentuer le caractère inquiétant que peut revêtir notre propre reflet. De fait, ici comme dans Le Horla de Maupassant, le Moi semble habité par une entité étrangère.



Le regard rouge par Arnold Schoenberg

 

Dans cet autre autoportrait, Le Regard rouge du peintre et compositeur viennois Arnold Schoenberg, l'artiste ramène son propre visage à une bouche déformée et, surtout, à des yeux fiévreux. La tête, qui semble prise dans un étau, est à peine esquissée. Les traits bruns, rouges et gris servent d'ailleurs moins à représenter un visage qu'à exprimer une émotion brute.



Le Cri par Edvard Munch

 

Le Cri, du Norvégien Edvard Munch, est une illustration particulièrement saisissante de l'angoisse et, comme chez Spilliaert et Schoenberg, cela est fait en montrant un visage difforme, plus fantomatique qu'humain, visage surtout marqué par des yeux contractés par la terreur. Les mains serrées en étau autour de la tête du personnage et les courbes mauves qui enveloppent l'arrière-plan du tableau - comme si l'horreur prenait les dimensions de l'univers tout entier - font parfaitement ressentir la folie qui habite le personnage central. Précisons toutefois que cette œuvre, comme Le Regard rouge de Schoenberg, se situe à la frontière du symbolisme et de l'expressionnisme.

 


Cauchemar par Louis Janmot

Dans Cauchemar, Louis Janmot exprime les peurs du Moi captées à l'état pur, c'est-à-dire dans un rêve, alors que ce n'est pas la réalité extérieure, mais nos dispositions intérieures qui forgent les aventures que nous vivons. Ici, une enfant effrayée, poursuivie par une femme vieille mais encore agile et forte, se précipite vers le vide. Des personnages, dont on ne voit que les têtes, observent la scène en observateurs curieux. Les formes géométriques et froides qui composent le décor achèvent de donner un aspect à la fois figé, insolite et angoissant à la toile.

Le Recueillement par Pierre Puvis de Chavannes

 

Parfois le Moi échappe au Temps et à l'angoisse, comme dans cette toile de Pierre Puvis de Chavannes, Le Recueillement. Le titre, qui rappelle l'un des plus beaux poèmes de Baudelaire, exprime le calme associé à l'écoute intérieure. L'attitude tranquille de la figure féminine, la robe qui rappelle la sérénité de la Grèce antique, la présence d'une nature accueillante, tous ces traits tranchent avec les scènes troubles et les visages défaits des œuvres précédentes, mais ici encore le Moi est confronté à lui-même.


Mon coeur pleure d'autrefois par Fernand Khnopff

 

 

Cette toile de Fernand Khnopff, Mon cœur pleure d'autrefois, reprend le thème du recueillement, mais ici cela mène à une image de nostalgie où, littéralement, le présent embrasse le passé.


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