Les romantiques sont insatisfaits du monde tel
qu'il existe. Aussi ne doit-on pas se surprendre que la dimension
spirituelle prenne tant de place chez eux.
Il ne fait pas de doute qu'au 19e siècle,
la poésie n'a plus rien à voir avec des questions
de dogmes ou encore avec l'institution religieuse. La foi en Dieu
prend maintenant une nouvelle allure, et c'est souvent en évoquant
la Nature ou par l'intensité d'expériences
délivrées de toute attache terrestre, des expériences
telles l'amour ou l'inspiration poétique, que les artistes
ressentent désormais la puissance du divin: les livres
de Hugo et, surtout, ceux
de Lamartine illustrent
d'ailleurs bien ce renouvellement des thèmes religieux
en poésie.
Mais Satan, lui aussi, est une figure présente
dans l'art romantique, et il le sera de plus en plus à
mesure que le 19e siècle avancera. Toutefois, si le diable
est bel et bien là chez Bertrand
ou Pétrus Borel, il n'est plus l'effroyable prince des
ténèbres qu'il fut dans les romans noirs anglo-saxons
et il n'a pas encore la puissance d'installer en nous l'ennui
et la perversité, comme cela sera le cas chez Baudelaire.
Le diable, dans le romantisme français, est d'habitude
un être sans doute inquiétant, mais surtout spirituel
et moqueur.
Un autre personnage prend une place considérable
dans le romantisme français, et bien qu'il ait été
un homme de chair et d'os, la manière dont certains artistes
l'ont décrit le rapproche du surhumain: nous parlons ici
de Napoléon. Il ne faut pas l'oublier, la plupart des jeunes
romantiques ont grandi en entendant parler de lui. Le père
de Victor Hugo, notamment, était général
dans l'armée de Bonaparte. De fait, l'empereur représentait
la jeunesse régnante; celui qui, parti de rien, a réussi,
à force d'audace, de courage et de talent, à imposer
sa volonté aux têtes couronnées d'Europe.
Avec lui, un âge nouveau semblait prendre le pas sur le
vieux monde. Aussi n'est-il pas surprenant que cette idole, même
déchue, a longtemps continué de briller: pendant
des années, l'avenir du monde avait semblé pouvoir
tenir dans le corps de ce seul homme et son échec ultime
ne changeait rien au fait qu'il avait changé le cours de
l'Histoire.
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Le Surhumain: Dieu
Victor Hugo
Alphonse de Lamartine
Gérard de Nerval
Alfred de Vigny
Le Surhumain: le diable
Aloysius Bertrand
Le Surhumain: Napoléon
Théophile Gautier
Victor Hugo
Gérard de Nerval
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