Vers la page précédente Vers la page d'accueil du site poetes.com Vers la page d'accueil du site Romantisme Vers l'index des titres Vers la page Chronologie du Romantisme Vers la page suivante

Sommaire du site

LE SURHUMAIN

La croix dans la montagne par Caspar David Friedrich

Les romantiques sont insatisfaits du monde tel qu'il existe. Aussi ne doit-on pas se surprendre que la dimension spirituelle prenne tant de place chez eux.

Il ne fait pas de doute qu'au 19e siècle, la poésie n'a plus rien à voir avec des questions de dogmes ou encore avec l'institution religieuse. La foi en Dieu prend maintenant une nouvelle allure, et c'est souvent en évoquant la Nature ou par l'intensité d'expériences délivrées de toute attache terrestre, des expériences telles l'amour ou l'inspiration poétique, que les artistes ressentent désormais la puissance du divin: les livres de Hugo et, surtout, ceux de Lamartine illustrent d'ailleurs bien ce renouvellement des thèmes religieux en poésie.

Mais Satan, lui aussi, est une figure présente dans l'art romantique, et il le sera de plus en plus à mesure que le 19e siècle avancera. Toutefois, si le diable est bel et bien là chez Bertrand ou Pétrus Borel, il n'est plus l'effroyable prince des ténèbres qu'il fut dans les romans noirs anglo-saxons et il n'a pas encore la puissance d'installer en nous l'ennui et la perversité, comme cela sera le cas chez Baudelaire. Le diable, dans le romantisme français, est d'habitude un être sans doute inquiétant, mais surtout spirituel et moqueur.

Un autre personnage prend une place considérable dans le romantisme français, et bien qu'il ait été un homme de chair et d'os, la manière dont certains artistes l'ont décrit le rapproche du surhumain: nous parlons ici de Napoléon. Il ne faut pas l'oublier, la plupart des jeunes romantiques ont grandi en entendant parler de lui. Le père de Victor Hugo, notamment, était général dans l'armée de Bonaparte. De fait, l'empereur représentait la jeunesse régnante; celui qui, parti de rien, a réussi, à force d'audace, de courage et de talent, à imposer sa volonté aux têtes couronnées d'Europe. Avec lui, un âge nouveau semblait prendre le pas sur le vieux monde. Aussi n'est-il pas surprenant que cette idole, même déchue, a longtemps continué de briller: pendant des années, l'avenir du monde avait semblé pouvoir tenir dans le corps de ce seul homme et son échec ultime ne changeait rien au fait qu'il avait changé le cours de l'Histoire.

Le Surhumain: Dieu


Vers la page précédente Vers la page d'accueil du site poetes.com Vers la page d'accueil du site Romantisme Vers l'index du site Lamartine Vers la chronologie du Romantisme Vers la page suivante
  Romantisme  ©Jacques Lemaire, 1999-2017