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Sommaire des poèmes

VERS NOUVEAUX ET CHANSONS

Peupliers par Claude Monet    Ces poèmes, pour la plupart composés à Paris ou à Roche entre les mois de mai et d'août 1872, révèlent de toutes autres motivations que celles qui, en 1872, s'étaient exprimées dans Le Bateau ivre et La Lettre du Voyant. Maintenant, Rimbaud ne se tourne plus vers l'action. Il n'exprime plus ce goût du mouvement, de la transgression menant à l'inconnu qui, jadis, lui avait semblé représenter la clef d'une nouvelle poésie.

     Rimbaud contemple désormais l'Éternité. Dans Larme où il boit l'eau de la jeune Oise; dans La Rivière de Cassis où il visite les donjons de châteaux en ruines, seul avec la voix de cent corbeaux; dans ses Fêtes de la patience, l'être du poète se fond toujours et encore dans la Nature et si, souvent, Rimbaud a imité Prométhée, ici, dans ses Chansons, il semble ne plus avoir de désir, de volonté ou même de Moi. Seul lui demeure un immense détachement, comme il en témoigne dans Bannières de Mai, où il écrit ces mots pleins d'abandon: «À toi, Nature, je me rends.» Ce n'est pas en vain s'il veut donner, aux poésies qu'il compose à l'époque, le titre d'Études néantes; sa conscience, à force de se dissoudre dans la beauté de l'univers, fait effectivement l'expérience de l'absence.

     Ces poèmes de l'impalpable sont sans doute redevables de ce que l'art de Verlaine présente de plus pur: les rythmes impairs, les silences, les esquisses qui suggèrent sans décrire. Mais au-delà des influences littéraires, c'est surtout une même paix que partagent, et cela malgré les orages de la vie réelle, les poèmes que Verlaine et Rimbaud ont composés pendant l'été de 1872.


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 Arthur Rimbaud
©Jacques Lemaire, 1999-2017