J'ai
dit à mon cur, à mon faible cur : N'est-ce point assez
d'aimer sa maîtresse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, C'est
perdre en désirs le temps du bonheur Il m'a répondu :
Ce n'est point assez, Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ; Et ne
vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les plaisirs passés
? J'ai dit à mon cur, à mon faible cur : N'est-ce
point assez de tant de tristesse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ? Il m'a répondu
: Ce n'en point assez, Ce n'est point assez de tant de tristesse; Et ne
vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les chagrins passés
? 1831. | |