C'est
le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s'éclaire La
dernière heure du travail. Dans les terres, de
nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D'un vieillard
qui jette à poignées La moisson future aux sillons. Sa
haute silhouette noire Domine les profonds labours. On sent à quel
point il doit croire A la fuite utile des jours. Il
marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au loin, Rouvre
sa main, et recommence, Et je médite, obscur témoin, Pendant
que, déployant ses voiles, L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles Le geste auguste du semeur.
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