Elle
était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants
; Moi qui passais par là, je crus voir une fée, Et je lui
dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ? Elle me regarda
de ce regard suprême Qui reste à la beauté quand nous
en triomphons, Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? Elle
essuya ses pieds à l'herbe de la rive ; Elle me regarda pour la seconde
fois, Et la belle folâtre alors devint pensive. Oh ! comme les oiseaux
chantaient au fond des bois ! Comme l'eau caressait doucement
le rivage ! Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, La
belle fille heureuse, effarée et sauvage, Ses cheveux dans ses yeux,
et riant au travers. Mont l'Am.,
juin 183... |
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