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Sommaire des poèmes

LETTRE DU MEXIQUE

Le marin par Paul Cézanne

La Vera-cruz, 10 février.

 

« Vous m'avez confié le petit. - Il est mort.
Et plus d'un camarade avec, pauvre cher être.
L'équipage... y en a plus. Il reviendra peut-être
Quelques-uns de nous. - C'est le sort –

« Rien n'est beau comme ça - Matelot - pour un homme ;
Tout le monde en voudrait à terre - C'est bien sûr.
Sans le désagrément. Rien que ça : Voyez comme
Déjà l'apprentissage est dur.

Je pleure en marquant ça, moi, vieux Frère-la-côte.
J'aurais donné ma peau joliment sans façon
Pour vous la renvoyer... Moi, ce n'est pas ma faute :
Ce mal-là n'a pas de raison.

« La fièvre est ici comme Mars en carême.
Au cimetière on va toucher sa ration.
Le zouave a nommé ça - Parisien quand-même –
Le jardin d'acclimatation.

« Consolez-vous. Le monde y crève comme mouches.
... J'ai trouvé dans son sac des souvenirs de cœur :
Un portrait de fille, et deux petites babouches,
Et : marqué - Cadeau pour ma sœur. -

« Il fait dire à maman : qu'il a fait sa prière.
Au père : qu'il serait mieux mort dans un combat.
Deux anges étaient là sur son heure dernière :
Un matelot. Un vieux soldat. »

Toulon, 24 mai.


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