Vers la page précédente Vers la page d'accueil du site poetes.com Vers la page d'accueil du site Bertrand Vers l'index des titres Vers la page Chronologie de Bertrand Vers la page suivante

Sommaire des poèmes

LA SALAMANDRE

Salamandre

Il jeta dans le foyer quelques frondes de houx bénit,
qui brûlèrent en craquetant.

Ch. Nodier. - Trilby.

« Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de l'incendie?»

Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les paroles de la salamandre, ne répondait point, soit qu'il dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût fantaisie de bouder.

« Oh ! chante-moi ta chanson de chaque soir dans ta logette de cendre et de suie, derrière la plaque de fer, écussonnée de trois fleurs-de-lys héraldiques ! »

Mais le grillon ne répondait point encore, et la salamandre éplorée, tantôt écoutait si ce n'était pas sa voix, tantôt bourdonnait avec la flamme aux changeantes couleurs rose, bleue, rouge, jaune, blanche et violette.

« Il est mort, il est mort, le grillon mon ami ! » - Et j'entendais comme des soupirs et des sanglots, tandis que la flamme, livide maintenant, décroissait dans le foyer attristé.

« Il est mort ! Et puisqu'il est mort, je veux mourir ! » Les branches de sarment étaient consumées, la flamme se traîna sur la braise en jetant son adieu à la crémaillère, et la salamandre mourut d'inanition.


Vers la page précédente Vers la page d'accueil du site poetes.com Vers la page d'accueil du site Bertrand Vers l'index du site Bertrand Vers la chronologie de Bertrand Vers la page suivante

   Résultats par page:

Type de correspondance: N'importe quel mot recherché Tous les mots

Aloysius Bertrand  ©Jacques Lemaire, 1999-2017