Adieu, derniers beaux
jours !
Alphonse de Lamartine - L'Automne
Les
petits savoyards sont de retour, et déjà leur cri interroge
l'écho sonore du quartier; comme les hirondelles suivent le printemps,
ils précèdent l'hiver.
Octobre, le courrier de l'hiver, heurte à la porte
de nos demeures. Une pluie intermittente inonde la vitre offusquée,
et le vent jonche des feuilles mortes du platane le perron solitaire.
Voici venir les veillées de famille, si délicieuses
quand tout au-dehors est neige, verglas et brouillard, et que
les jacinthes fleurissent sur la cheminée, à la tiède atmosphère
du salon.
Voici venir la Saint-Martin et ses brandons, Noël
et ses bougies, le jour de l'an et ses joujoux, les Rois et leur
fève, le carnaval et sa marotte.
Et Pasques enfin, Pasques aux hymnes matinales
et joyeuses, Pasques dont les jeunes filles reçoivent la Blanche
hostie et les ufs rouges !
Alors un peu de cendre aura effacé de nos fronts
l'ennui de six mois d'hiver, et les petits savoyards salueront
du haut de la colline le hameau natal.
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