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Mets-toi voleur de grand
chemin, tu gagneras ta vie.
Calderon
Qui
n'aime, aux jours de la canicule, dans les bois, lorsque
les geais criards se disputent l'ombre et la ramée, un lit de
mousse et la feuille à l'envers du chêne ?
Les deux larrons bâillèrent, demandant l'heure
au bohémien qui les poussait du pied comme des pourceaux.
« Debout ! répondit celui-ci, debout ! Il
est l'heure de décamper. Le marquis d'Aroca flaire notre piste
avec six alguazils.
- Qui ? le marquis d'Aroca, dont j'ai escamoté
la montre à la procession des révérends pères dominicains de Santillane
! dit l'un.
- Le marquis d'Aroca, dont j'ai enfourché la mule
à la foire de Salamanque ! dit l'autre.
- Lui-même ! répliqua le gitano; hâtons-nous de
gagner le couvent des trappistes pour nous y cacher une neuvaine
sous le froc !
- Halte-là ! Un moment ! Rendez-moi d'abord ma
montre et ma mule ! »
C'était le marquis d'Aroca, à la tête de ses six
alguazils, lequel écartait d'une main le feuillage blanc des noisetiers,
et de l'autre signait au front les brigands de la pointe de son
épée.
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