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Sommaire des poèmes

LES FLAMANDS

Sir John Hawkwood par Paolo Uccello

Les Flamands, gent mutine et têtue.
Mémoires d'Olivier de la Marche.

La bataille durait depuis none, quand ceux de Bruges lâchèrent le pied, et tournèrent le dos. Il y eut alors, d'une part, si épais désarroi, et de l'autre, si rude poursuite, qu'au passage du pont, nombre de révoltés croulèrent, pêle-mêle hommes, étendards, chariots, dans la rivière.

Le comte entra le lendemain dans Bruges avec une merveilleuse cohue de chevaliers. Le précédaient ses hérauts d'armes qui sonnaient horriblement de la trompette. Quelques pillards, la dague au poing, couraient çà et là, et devant eux fuyaient des pourceaux épouvantés.

C'est vers l'hôtel de ville que se dirigeait la cavalcade hennissante. Là s'agenouillèrent le bourgmestre et les échevins, criant merci, mantels et chaperons par terre. Mais le comte avait juré, les deux doigts sur la Bible, d'exterminer le sanglier rouge dans sa bauge.

« Monseigneur !

- Ville brûlée !

- Monseigneur !

- Bourgeois pendus ! »

On ne bouta le feu qu'à un faubourg de la ville, on ne pendit aux gibets que les capitaines de la milice, et le sanglier rouge fut effacé des bannières. Bruges s'était rachetée cent mille écus d'or.


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Aloysius Bertrand  ©Jacques Lemaire, 1999-2017