Allons ! courre un petit
le cerf, ce luy dist-il.
Poésies inédites
Et
la chasse allait, allait, claire étant la journée,
par les monts et les vaux, par les champs et les bois, les varlets
courant, les trompes fanfarant, les chiens aboyant, les faucons
volant, et les deux cousins côte à côte chevauchant, et perçant
de leurs épieux cerfs et sangliers dans la ramée, de leurs arbalètes
hérons et cigognes dans les airs.
« Cousin, dit Hubert à Regnault, il me semble
que, pour avoir scellé notre paix ce matin, vous n'êtes guère
en gaieté de cur ?
- Oui-dà ! », lui répondit-on.
Regnault avait l'il rouge d'un fou ou d'un
damné; Hubert était soucieux; et la chasse toujours allait, toujours
allait, claire étant la journée, par les monts et les vaux, par
les champs et les bois.
Mais voilà que soudain une troupe de gens de pied,
embusqués dans la baume des fées, se rua, la lance bas, sur la
chasse joyeuse. Regnault dégaina son épée et ce fut - signez-vous
d'horreur ! - pour en bailler plusieurs coups au travers du corps
de son cousin, qui vida les étriers.
« Tue, tue ! criait le Ganelon.
Notre-Dame, quelle Pitié ! - et la chasse n'allait
plus, claire étant la journée par les monts et les vaux, par les
champs et les bois.
Devant Dieu soit l'âme d'Hubert, sire de Maugiron,
piteusement meurtri le troisième jour de juillet, fan quatorze
cent douze; et les diables aient l'âne de Regnault, sire de l'Aubépine,
son cousin et son meurtrier ! Amen.
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