Venise au visage de masque.
Lord Byron
Ce
n'est point avec le froc et le chapelet, c'est avec
le tambour de basque et l'habit de fou que j'entreprends, moi,
la vie, ce pèlerinage à la mort !
Notre troupe bruyante est accourue sur la place
Saint-Marc, de l'hôtellerie du signor Arlecchino qui nous avait
tous conviés à un régal de macaronis à l'huile et de polenta à
l'ail.
Marions nos mains, toi qui, monarque éphémère,
ceins la couronne de papier doré, et vous, ses grotesques sujets,
qui lui formez un cortège de vos manteaux de mille pièces, de
vos barbes de filasse et de vos épées de bois.
Marions nos mains pour chanter et danser une ronde,
oubliés de l'inquisiteur, à la splendeur magique des girandoles
de cette nuit rieuse comme le jour.
Chantons et dansons, nous qui sommes joyeux, tandis
que ces mélancoliques descendent le canal sur le banc des gondoliers,
et pleurent en voyant pleurer les étoiles.
Dansons et chantons, nous qui n'avons rien à perdre,
et tandis que derrière le rideau où se dessine l'ennui de leurs
fronts penchés, nos patriciens jouent d'un coup de cartes palais
et maîtresses !
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