
|
Les poèmes de cette section ont tous été
composés avant 1853. Ils sont révélateurs d'une attitude
typique des Romantiques par laquelle, tout naturellement, en critiquant
l'ordre social, puis en observant le caractère insatisfaisant de
la condition humaine, c'est enfin Dieu lui-même qui est mis en cause.
Cette logique qui mène au défi de Dieu et à la louange
de Satan, on la retrouve chez Byron, notamment dans son Caïn,
dans le Don Juan de Hoffmann et, plus près des milieux littéraires
fréquentés par Baudelaire, chez Pétrus Borel.
Le satanisme de Baudelaire n'a donc rien de neuf et on
aurait tort d'en exagérer l'importance. Pourtant, c'est là
une étape obligée dans un cheminement qui a mené
le poète à refuser toute la médiocrité du
sort humain.
|